- Depuis le 5 juin 2026, le surplus solaire revendu ne rapporte plus que 1,1 c€/kWh HT et la prime à l’autoconsommation a disparu : la rentabilité repose désormais sur l’autoconsommation.
- Selon les professionnels, une installation de 3 kWc coûte environ 6 000 à 10 500 € TTC posée en 2026, et chaque kWc produit environ 800 à 1 400 kWh par an selon la région.
- Le calcul tient en quelques étapes : production, part autoconsommée, valeur des kilowattheures évités, valeur du surplus, puis comparaison avec le coût.
- Nos scénarios sont purement illustratifs : seule une étude personnalisée, à partir de votre consommation réelle, permet d’estimer votre cas.
« Les panneaux solaires, est-ce que ça vaut encore le coup ? » La question revient souvent, et elle se pose différemment en 2026. La revente de l’électricité, qui a longtemps porté les projets, ne rapporte presque plus rien ; en parallèle, le prix du kilowattheure acheté au réseau reste élevé. La rentabilité des panneaux solaires dépend donc surtout de votre capacité à consommer vous-même ce que vous produisez. Plutôt que de vous promettre un chiffre, cet article vous donne la méthode : les ordres de grandeur de prix et de production, les règles en vigueur au 27 septembre 2026, et un calcul pas à pas, illustré par des hypothèses clairement présentées comme des exemples.
Ce qui a changé en 2026 : la revente ne suffit plus
Un arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel le 4 juin, a profondément modifié le soutien au photovoltaïque résidentiel. Pour les demandes complètes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026 :
- le tarif de rachat du surplus est fixé à 1,1 c€/kWh HT, tarif unique pour les installations jusqu’à 100 kWc, avec un contrat de 20 ans, une indexation de 2 % par an et une rémunération plafonnée à 1 600 heures de fonctionnement multipliées par la puissance crête ;
- la prime à l’autoconsommation est supprimée ;
- la vente de la totalité de la production reste impossible pour les installations de 9 kWc ou moins, comme depuis le 28 mars 2025.
Les contrats et demandes complètes déposés avant le 5 juin 2026 conservent leurs anciennes conditions. Pour mesurer le changement, selon la presse spécialisée, le surplus des petites installations était acheté environ 4 c€/kWh au trimestre précédent, et environ 12,69 c€/kWh avant la baisse de mars 2025. Au 27 septembre 2026, barème susceptible d’évoluer : vérifiez sur edf-oa.fr ou photovoltaique.info.
En face, chaque kilowattheure que vous consommez directement évite d’en acheter un au réseau, à environ 0,20 € TTC en option Base 6 kVA au tarif réglementé depuis la hausse moyenne de 2,5 % du 1er août 2026, selon les comparateurs (tarif susceptible d’évoluer, prochain mouvement possible au 1er février 2027, vérifiez sur cre.fr). Un kilowattheure autoconsommé vaut ainsi près de vingt fois plus qu’un kilowattheure vendu.
Combien coûte une installation solaire ?
Selon les professionnels, les prix constatés en 2026 pour une installation résidentielle posée, TTC, se situent dans ces fourchettes larges :
| Puissance | Prix indicatif TTC, pose comprise (2026) |
|---|---|
| 3 kWc | environ 6 000 à 10 500 € |
| 6 kWc | environ 10 000 à 16 000 € |
| 9 kWc | environ 13 000 à 21 000 € |
Cela représente environ 2 000 à 3 500 € par kWc pour les petites installations. L’écart s’explique par la qualité du matériel, la complexité de la toiture, l’onduleur choisi, les démarches incluses et la région. Pour comprendre les technologies et les critères de choix du matériel, consultez notre guide pour choisir le matériel photovoltaïque adapté.
La fiscalité compte aussi. Depuis le 1er octobre 2025, les installations de 9 kWc au plus peuvent bénéficier d’une TVA à 5,5 % sous conditions cumulatives : empreinte carbone des modules, teneur limitée en argent, plomb et cadmium, et présence d’un système de gestion de l’énergie pilotant au moins deux usages. Si le kit comprend un élément non éligible de valeur significative, comme une batterie, tout passe à 20 %. Au 27 septembre 2026, règles susceptibles d’évoluer : vérifiez sur impots.gouv.fr.
Combien produisent vos panneaux ?
La production annuelle dépend d’abord de l’ensoleillement, donc de la région. Selon les professionnels, un kWc produit environ 800 à 1 400 kWh par an en France métropolitaine, avec des ordres de grandeur de :
- 800 à 1 000 kWh/kWc autour de Lille ;
- 1 000 à 1 100 kWh/kWc autour de Rennes ;
- 1 100 à 1 200 kWh/kWc autour de Bordeaux ;
- 1 200 à 1 400 kWh/kWc autour de Montpellier.
L’orientation, l’inclinaison et surtout les ombrages (cheminée, arbre, bâtiment voisin) peuvent modifier sensiblement ces valeurs. Pour une estimation précise à votre adresse, le simulateur européen gratuit PVGIS reste l’outil de référence.
La méthode de calcul pas à pas
- Estimez la production annuelle : puissance en kWc multipliée par la production par kWc de votre site.
- Estimez la part autoconsommée. L’ADEME retient un taux d’autoconsommation de référence d’environ 35 % pour les petites installations, jusqu’à 45 % avec un pilotage des usages. Le vôtre dépend de votre présence en journée et de vos équipements.
- Valorisez l’autoconsommation : kilowattheures autoconsommés multipliés par le prix du kilowattheure que vous payez.
- Valorisez le surplus : kilowattheures injectés multipliés par le tarif de rachat applicable à votre contrat.
- Additionnez pour obtenir le gain annuel, puis divisez le coût de l’installation par ce gain : vous obtenez un temps de retour simple.
- Affinez en intégrant ce que le calcul simple ignore : entretien, remplacement éventuel de l’onduleur, assurance, légère baisse de rendement des modules avec l’âge, coût d’un éventuel crédit, et évolution du prix de l’électricité, que personne ne peut prévoir.
Un autre repère aide à raisonner : l’ADEME estime le coût complet d’un kilowattheure produit en autoconsommation entre 13 et 19 c€ pour les installations de 3 à 9 kWc (données 2024). Un kilowattheure autoconsommé coûte donc un peu moins cher qu’un kilowattheure acheté, tandis qu’un kilowattheure revendu à 1,1 c€ l’est bien en dessous de son coût de production. Conséquence directe : surdimensionner son installation n’a plus d’intérêt financier.
Trois scénarios purement illustratifs
Pour montrer comment la méthode fonctionne, voici trois exemples fictifs pour une installation de 3 kWc. Les hypothèses sont volontairement simples : prix du kilowattheure acheté constant à 0,20 €, rachat du surplus à 1,1 c€, aucune aide, aucun frais annexe. Ces chiffres ne constituent en aucun cas une promesse de gain ni une estimation de votre situation.
| Hypothèses | Scénario prudent | Scénario intermédiaire | Scénario favorable |
|---|---|---|---|
| Production retenue | 900 kWh/kWc, soit 2 700 kWh | 1 150 kWh/kWc, soit 3 450 kWh | 1 300 kWh/kWc, soit 3 900 kWh |
| Taux d’autoconsommation | 35 % | 45 % | 45 % |
| Valeur de l’autoconsommation | environ 190 €/an | environ 310 €/an | environ 350 €/an |
| Valeur du surplus | environ 19 €/an | environ 21 €/an | environ 24 €/an |
| Coût retenu | 8 000 € | 8 000 € | 6 000 € |
| Temps de retour simple | environ 38 ans | environ 24 ans | environ 16 ans |
Ce qu’il faut en retenir : le surplus ne pèse presque plus rien dans le résultat, tandis que le prix d’achat de l’installation, l’ensoleillement et surtout le taux d’autoconsommation font toute la différence. Dans le scénario prudent, le temps de retour dépasse largement la durée du contrat d’achat : l’investissement ne se justifie pas sur le seul plan financier. À l’inverse, une installation bien placée, achetée à un prix raisonnable et bien utilisée se rapproche d’un équilibre plus intéressant. Votre situation réelle peut être meilleure ou moins bonne que ces exemples.
Les leviers pour améliorer l’équation
- Dimensionner sur sa consommation de journée, à partir des données de votre compteur communicant, plutôt que sur la surface de toit disponible.
- Piloter ses usages : routeur pour le ballon d’eau chaude, électroménager programmé, recharge d’un véhicule électrique en journée (pour chiffrer l’autre dépense, voyez le budget complet d’une voiture électrique).
- Faire jouer la concurrence : comparez au moins trois devis d’installateurs qualifiés et vérifiez l’éligibilité à la TVA réduite.
- Se renseigner sur les aides locales : certaines collectivités soutiennent le solaire ; notre guide des aides publiques pour une installation renouvelable fait le point sur les dispositifs nationaux.
- Comparer avec d’autres investissements : isolation, pompe à chaleur ou chauffage au bois performant peuvent réduire davantage votre facture selon votre logement.
Enfin, la rentabilité n’est pas le seul critère : produire une électricité renouvelable et locale, mieux maîtriser sa consommation et se protéger en partie des hausses de prix font aussi partie des motivations. L’essentiel est de décider en connaissance de cause.
Questions fréquentes
Les panneaux solaires sont-ils encore rentables en 2026 ?
Cela dépend surtout de votre taux d’autoconsommation, du prix d’achat de l’installation et de votre région. Depuis le 5 juin 2026, la revente rapporte très peu et la prime à l’autoconsommation a disparu. Seule une étude personnalisée, à partir de votre consommation réelle, permet de conclure : aucune rentabilité n’est garantie.
Faut-il encore vendre son surplus ?
Le contrat reste possible, mais au 27 septembre 2026, le surplus n’est acheté que 1,1 c€/kWh HT pour les demandes complètes déposées à partir du 5 juin 2026, sur 20 ans. Un kilowattheure autoconsommé évite d’en acheter un à environ 0,20 € TTC. Barème susceptible d’évoluer : vérifiez sur edf-oa.fr.
Comment connaître la production de panneaux solaires chez moi ?
Selon les professionnels, un kWc produit environ 800 à 1 400 kWh par an en France métropolitaine, de la région de Lille à celle de Montpellier. Pour une estimation précise à votre adresse, utilisez le simulateur européen gratuit PVGIS : l’orientation, l’inclinaison et les ombrages peuvent modifier sensiblement ces valeurs.
Une batterie améliore-t-elle la rentabilité ?
Elle peut faire perdre la TVA à 5,5 % : si le kit comprend un élément non éligible de valeur significative, comme une batterie, tout passe à 20 %. Pour améliorer l’équation, dimensionnez d’abord sur votre consommation de journée et pilotez vos usages : routeur pour le ballon d’eau chaude, électroménager programmé, recharge en journée.
Comment calculer la rentabilité de mon installation ?
Estimez la production annuelle, puis la part autoconsommée (référence ADEME d’environ 35 %, jusqu’à 45 % avec pilotage). Valorisez les kilowattheures autoconsommés au prix que vous payez et le surplus au tarif de rachat, additionnez pour obtenir le gain annuel, puis divisez le coût de l’installation par ce gain pour un temps de retour simple.
Quel temps de retour pour une installation de 3 kWc ?
Trois scénarios fictifs pour 3 kWc donnent environ 38 ans, 24 ans et 16 ans selon l’ensoleillement, le coût d’installation et le taux d’autoconsommation, avec un kilowattheure acheté constant à 0,20 €. Ce sont de simples exemples, sans valeur de promesse : le surplus pèse presque pour rien, et votre situation réelle peut être meilleure ou moins bonne.
Le photovoltaïque n’est qu’une des façons de produire une énergie propre à la maison. Pour découvrir les autres solutions et les combiner, explorez notre dossier consacré aux autres énergies renouvelables du logement.
Sources : ADEME (avis sur l’autoconsommation photovoltaïque, janvier 2025) ; Commission de régulation de l’énergie (CRE) ; BOFiP-Impôts (TVA sur les installations photovoltaïques, mise à jour du 10 juin 2026) ; Hespul (photovoltaique.info) ; L’Écho du Solaire ; EDF OA ; Hello Watt (prix et production indicatifs) ; Commission européenne (outil PVGIS).